CONFERENCE DE PRESSE DU 2 MAI 2011
L’ENFANCE DE L’ART
Bonjour et merci à Tous de votre présence, Artistes, Compagnies, Enseignants, Journalistes.
Vous connaissez bien sûr le PHENIX, cet oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne… Comme la légende lui attribuait le pouvoir de renaître de ses propres cendres, il devint le symbole de l’immortalité.
Que vient faire cet oiseau à notre 16ème édition de l’Enfance de l’Art ?
Tout simplement parce que la 16ème édition a lieu… Pour le bonheur des enfants, pour le bonheur du développement culturel de Wattrelos, pour le bonheur de la Démocratie Culturelle, pour le bonheur des artistes.
« OMNIA VINCIT AMOR »clament les vieux sages depuis la Rome antique. Si en effet « rien ne peut vaincre l’Amour » à l’heure du muguet retrouvé, n’oublions jamais ce que Bertholt BRECHT suggérait aux citoyens du monde : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu »
Vous dire que j’étais inquiet… C’est bien sûr une métaphore !
Le budget culturel est passé de 250 000 €uros en 2009 à 155 000 €uros en 2011, heureusement des Mamans et des Papas se sont penchés sur le berceau de l’Enfance de l’Art :
Le C.U.C.S pour 9 000 €uros, la Région pour 10 000 €uros, l’aide à la diffusion du Conseil Général, sous certaines conditions, est de 60 % du coût des spectacles (10 000 €uros minimum), la Caisse des Dépôts et Consignations 10 000 €uros, Comité d’Entreprise E.D.F - G.D.F 7 000 €uros et… Cerise sur le gâteau, Lille Métropole Communauté Urbaine 25 000 €uros, sans omettre la Caisse d’Allocations Familiales.
Un merci à Monsieur Olivier HENNO, Maire de Saint-André, Vice Président à la Culture L.M.C.U… Non seulement il pense Euro Culture, mais il agit Culture. Nous avons un but commun : faire grandir l’enfant dans un véritable monde culturel !
Donc un total de 60 000 €uros, sans compter l’importante participation de la ville, ça mérite un sourire… Un sourire donc… Mais aussi Bonjour tristesse. Car celle qui présidait culturellement aux destinées de l’Enfance de l’Art, des spectacles Jeunes Publics, du CLEA a été remerciée. Je voudrais lui rendre hommage aujourd’hui…
MERCI MARIE PIERRE GOMET !
Avec l’Enfance de l’Art, le jeune public, tu as participé à un processus culturel et non pas à un produit commercial ; je ne veux pas faire dans l’émotionnel, mais rendre hommage à Marie Pierre, c’est parler d’avenir, d’une expérience accumulée, d’un regard prospectif.
Oui ! ça n’a donc pas été facile d’organiser ce Festival car dès septembre, Marie Pierre GOMET était sur le terrain, cette fois-ci nous étions en attente et c’est qu’en début janvier 2011, avec Alain JOIFFROY que nous avons rencontré pour la 1ère fois la Manivelle Théâtre afin que cette compagnie de spectacles puisse nous aider dans la programmation du 16ème Festival. Merci à François-Gérard et toute son équipe pour cette aide vitale et bénévole.
Sinon l’Enfance de l’Art n’aurait pas eu lieu, d’autant qu’à cette époque (janvier 2011) Marie Pierre et Isabelle MASALA n’étaient toujours pas remplacées.
Cela ne veut pas dire que François-Gérard et sa Compagnie feront tous les spectacles, loin de là ! Il suffit de regarder le programme pour s’en convaincre.
Plusieurs réunions ont eu lieu et un peu à la fois, le 16ème Festival Jeunes Publics
Enfance de l’Art était sur les rails… OUF !!
Christelle, Frank, Lucie-Anne, Alain, Jean, Rachid, moi-même et ensuite l’arrivée en février de Jean-Pierre VANHEULE, comme rédacteur et responsable… Tous, nous étions au 7ème ciel.
Sans omettre et j’insiste particulièrement, Madame VANDEKERKOVE de l’Education Nationale qui organise les séances, participe aux choix en donnant son avis sur les spectacles… Elle a aussi poussé un « OUF » de soulagement lorsque la plaquette est sortie pour les écoles. Nous avions plus d’un mois de retard !
Merci aussi à Monsieur Jean-Pierre MOLLIERE, Inspecteur à l’Education Nationale, qui, en faisant confiance à Madame VANDEKERKOVE, faisait confiance à un Festival et une équipe.
Supprimer l’Enfance de l’Art aurait pu, à première vue, constituer une bouffée d’oxygène dans le bouclage d’un budget… mais demain, à défaut de luttes, il serait exigé la suppression d’une crèche, de subventions aux associations, aux services rendus… Je ne pouvais m’y faire, car c’est toute l’originalité de la politique culturelle qui risquait, à terme, de disparaître !
Quelqu’un m’a dit, parce que je le «bassinais» avec ce Festival «tu as perdu tes espérances, mais tu as gardé tes illusions», je ne suis pas tombé dans le piège, dans le panneau classique de ceux qui feignent ne pas comprendre et je lui ai rétorqué : « Non ! Non ! c’est le contraire, j’ai perdu mes illusions et j’ai gardé mon espérance ». D’ailleurs, je resterai un optimiste historique.
La Culture, à fortiori pour les enfants, ce n’est pas une décoration que l’on accroche à la boutonnière mais une condition déterminante de toute capacité humaine.
Le « vieux » conventionnel (au sens historique) que je suis, a toujours à l’esprit le préambule de la constitution de l’an 1, laquelle plaçait sur le même terrain des priorités :
Le pain et l’Education pour tous. Estimant qu’aujourd’hui, le pain c’est l’emploi et que l’Education doit intégrer tout à la fois l’exigence de formation et l’exigence Culturelle. C’est notre principe à Wattrelos, ce n’est hélas !… Et on le voit aujourd’hui, pas la priorité de l’Etat !
Quand je défends la Culture, j’ai l’impression d’être comme le cheminot qui défend l’idée d’un service public utile à tous ! Car les enjeux de la Politique Culturelle sont liés à la Politique de la ville et tout simplement à la société.
Si nous voulons faire œuvre de transformation, nous devons favoriser tout ce qui permet de développer la réflexion et l’intelligence de tous. Nos Politiques Culturelles sont essentielles parce que, précisément, l’activité culturelle permet ce développement de l’intelligence.
Albert JACQUARD disait :
« On construit son intelligence dans la rencontre avec les autres »
Dans notre ville, nous avons besoin de réfléchir au « vivre ensemble », à la rencontre, au développement de l’intelligence de chaque individu et de l’ensemble de la société.
Cela se traduit par des choix budgétaires mais aussi et surtout par une réflexion politique globale sur toute l’activité humaine, à tous les niveaux sur ces enjeux de vivre ensemble.
Lorsqu’une activité culturelle permet des rencontres avec les gens, entre le public et les créateurs (enfants, ados, adultes) nous participons à cette évaluation de la réflexion de chacun. Une démarche novatrice consiste dans cette organisation de la vie ensemble. C’est bien l’enjeu de notre société aujourd’hui, c’est l’enjeu de l’Enfance de l’Art !
Ce Festival Jeune Public, c’est un peu comme les recettes les plus savoureuses, on en connaît les ingrédients :
Une bonne dose de musique et contes… De toutes les couleurs de préférence, une grosse envie de théâtre, de chansons, de musique, ballet à gogo… L’on y remplit les spectacles avec les enfants (6 000 enfants concernés), un peu d’adultes… Des rires à profusion, du sérieux sans commune mesure, de la belle chanson, bien sûr avec Hervé DEMON.
Mais les ingrédients ne suffisent pas, tous ceux qui se sont essayés à copier l’événement le savent. Personne n’est vraiment capable de percer le secret de fabrication qui chaque année transforme le mélange en un parfum unique, inimitable… Sauf… La Manivelle Théâtre, partenaire privilégié…
15 Compagnies et autres créations, notons aussi notre Conservatoire à rayonnement communal, vont participer, montrer leur talent pour animer 1 mois de spectacles professionnels, de la maternelle au CM2, des dizaines de représentations et j’insiste… 10 séances tous publics !
De quoi satisfaire les appétits culturels de milliers spectateurs et spectatrices. Sans omettre le contrat local d’Education Artistique, les rencontres musicales avec les enfants des écoles maternelles et élémentaires publiques de Wattrelos, avec Caroline BEM, Conseillère Pédagogique en musique… Et bien sûr l’exposition d’Arts Visuels « D’mesures » exposition des écoles maternelles et élémentaires publiques en collaboration avec Marie France MATTERNE, Conseillère Pédagogique en Arts Visuels. 20 classes ont profité des compétences d’artistes, plasticiens (Rémi, Fanny, Valérie, Hamina, Dany, Juan et bien sûr Vincent(4 000 élèves concernés)
Mais n’ayez crainte, d’autres projets pour les enfants sont prévus… Mais CHUUUTT !! Nous ne dévoilerons rien aujourd’hui… Mais ces futurs… Peut-être d’autres animations permettront de repenser l’ensemble de notre politique culturelle sur l’année
Pas question donc pour Wattrelos d’étouffer ce murmure, ce foisonnement culturel dans le concert marchand, dans la frilosité.
Pas question pour l’Adjoint à la Culture que je suis d’être transformé en boxeur manchot ! NON ! Je veux être du combustible pour être non pas dans le vent commercial mais dans le coup artistique. Je veux être avec tous les artistes, tout au moins ceux qui se mettent à chanter, réciter, conter sur une jolie variation de plus sur la fable de la Fontaine, la Cigale et la Fourmi, dans laquelle il apparaît que la Cigale peut être appelée « intermittente » et qu’elle demeure indispensable, afin de préserver le chant (la Culture) dans un monde exclusivement voué à la stérile accumulation d’argent.
Mais allons donc, comme dit Heiner MÜLLER (auteur dramatique allemand)
« L’herbe même il faut la faucher afin qu’elle reste verte »
Il faut la faucher et non pas l’arracher. Le sens de l’aventure culturelle, théâtrale ne brouille pas les traces mais se bâtit contradictoirement sur la mémoire et l’oubli. Elle se déplace !
Dans « La Foire Culturelle » comme Vilar appelait le Festival d’Avignon, dans « le désordre ordonné », comme Louis JOUVET définissait le théâtre, au travail, un travail inouï.
Concluons avec Jean GIREAUDOUX :
« Rien n’est perdu si chaque soir le parvenu, le concussionnaire, le cuistre doit dire : tout irait bien mais il y a la Culture, le Théâtre ».
Et si l’enfant, l’adolescent, le savant même, celui que la vie a déçu, celui qui espère en la vie se dit : « Tout irait mal, mais il y a le Théâtre » !!
A Wattrelos, l’on dirait tout irait mal, s’il n’y avait pas l’Enfance de l’Art ! ou plutôt s’il n’y avait plus l’Enfance de l’Art !
Merci de votre écoute car ce n’était pas un « laïus » mais une intervention qui se justifie dans une période difficile pour les enseignants, les artistes et la Culture en générale.
Et je me félicite que l’Enfance de l’Art va se clôturer avec les chansons d’Hervé DEMON dont celle-ci :
Parce que chaque histoire nous rappelle une musique
Que chaque musique nous évoque une histoire
Parce que frères et sœurs
D’ici ou d’ailleurs
Parce que orient et occident, noir et blanc
Ensemble depuis la nuit des temps
Parce que tant pis
Parce que tant mieux
Parce que pareil et différents
Parce que nous, tout simplement
tout le programme ici :






